Les monuments remarqués par « La Costelle »

L'Église Paroissiale Saint Blaise et Notre-Dame de la Nativité

Table des matières :

Plan de l'église avec ses principales curiosités :

Les cloches Le portail latéral Sud Le tableau de saint Blaise Le tableau de la Descente de la Croix Le monument de la reconnaissance aux morts de la guerre de 1914-18 Le maître autel L'autel latéral gauche, dédié à Notre-Dame L'autel latéral droit, dédié au Sacré-Cœur Le grand Christ de la nef L'orgue (sur la tribune) La chaire Les confessionnaux Les confessionnaux Les confessionnaux Le reliquaire de saint Blaise La grande statue de saint Blaise Le tableau de la sainte Face Le groupe Notre-Dame de Pitié Le groupe du Rosaire Le clocher La nef Le chœur

Principales sources utilisées pour la rédaction de ces pages :

Origine des photos affichées sur ces pages :

A noter que toutes les photos qui parsèment le texte peuvent être vues agrandies en cliquant dessus.

Avertissement :

Si la compilation d'éléments historiques et leur présentation ordonnée sont à la portée d'un rédacteur curieux, patient et passionné, la description d'un bâtiment aussi important qu'une église nécessite une culture et la maîtrise d'un vocabulaire technique qui n'étaient pas du tout acquis au commencement de ce travail. À l'évidence, ce n'est toujours pas le cas, alors que le moment de la première diffusion sur le site Internet de « La Costelle » approche. La mansuétude du lecteur est espérée quant aux phrases qui pourraient lui paraître lourdes ou qui contiendraient ce qu'un archéologue serait en droit d'appeler du charabia. Tous les efforts ont été faits pour en limiter les conséquences et toutes les suggestions de corrections et d'améliorations tant au fond qu'à la forme seront les bienvenues.

Les dimensions annoncées ont été rapportées ou relevées sur des photos et n'ont pas été minutieusement vérifiées. Elles doivent donc être considérées comme purement indicatives.


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L'église aujourd'hui

Élevation Sud, vue depuis la rue du Pont de la Forge.

L'église paroissiale « saint Blaise et Notre-Dame de la Nativité » est une belle église orientée, à la manière de Lorraine. La juxtaposition du crépi ocre et du grès rose dont sont faits les angles, les piliers, les corniches, les baies et les contreforts, est du plus bel effet, et souligne l'homogénéité de son architecture extérieure.

Elle se compose d'Est en Ouest :

Un même toit de tuiles à double pente s'étend sur la nef et le chevet.

D'un bout à l'autre, elle mesure extérieurement cinquante mètres de long (dont six pour le clocher, trente trois pour la nef et onze pour le chœur) et dix-huit mètres de large. La hauteur sous plafond du vaisseau principal est de treize mètres. Les colonnes et décors sont de grès ou plâtre blancs et tout l'intérieur (murs et plafonds) est badigeonné de blanc, à l'exception de la base des murs qui est grise sur une hauteur d'un mètre trente.

On entre à l'église par le porche, situé sous le clocher, qui s'ouvre en haut d'un perron de cinq marches et domine le parvis. Le portail Sud, dit « Porte des hommes » n'est qu'exceptionnellement ouvert, tandis que le portail Nord est condamné depuis 1901 (obturé par un confessionnal).

Une installation électrique vétuste à refaire entièrement et des infiltrations d'eaux de pluies, notamment au dessus du monument de la Reconnaissance aux Morts de 1914-18, comptent parmi les principales préoccupations financières des responsables municipaux de l'église, sans parler de l'orgue qui requiert une révision complète.


Le chœur :

Vue vers l'Est, depuis l'entrée de la nef.
Une des six demi colonnes engagées du chœur.
Les voûtes, ogives et clés de voûtes du chœur.

Le chœur domine la nef de quatre marches et mesure, abside comprise, onze mètres de profondeur. Il est éclairé par sept grandes baies en plein cintre, ornées de vitraux.

Il se compose, dans le prolongement du vaisseau principal, de deux travées droites, dont la seconde est voûtée avec l'abside et fait corps avec elle, dessinant cinq pans d'un octogone.

Le passage de la nef au chœur.

À son raccord avec la nef, se trouvent, de chaque côté, un pilier et un pilastre semblables à chapiteaux corinthiens. La frise de la nef, en forte saillie et ornée de gouttes, pénètre jusqu'au niveau du pilastre. Le pilier (quatre-vingt cinq centimètres sur soixante) est collé au mur droit.


Vue du chevet et des contreforts de l'abside.

Huit fines demi-colonnes engagées, prenant naissance au bas des baies et dotées de chapiteaux composites, supportent les ogives dont les croisements sont renforcés par deux grosses clés de voûtes circulaires.

Les poussées transmises par les ogives sont contenues à l'extérieur par quatre contreforts ornés de larmiers et terminés en glacis aux deux tiers de la hauteur du mur.

Sous les baies, sur une hauteur de quatre mètres, une boiserie de chêne, avec des colonnettes et une corniche saillante, fait le tour du chœur. Elle comporte deux stalles de part et d'autre de l'entrée pour les prêtres, suivies des deux portes d'accès aux sacristies Sud et Nord. Sur les côtés et derrière le maître autel, des stalles permettent d'accueillir jusqu'à seize assistants.


L'amorce de la grille du chœur.

La grille de fer forgé ouvragé, ancienne table de communion, en haut de la troisième marche, a été ôtée suite aux réformes liturgiques introduites par le concile Vatican II en 1965. Il en reste cependant les amorces, scellées à droite et à gauche.

La sacristie Nord vue du cimetière.

De part et d'autre du chœur, blotties sous ses baies, se trouvent les deux sacristies Sud et Nord auxquelles on accède depuis le chœur par deux petites portes intégrées à la boiserie. La sacristie Sud est la plus utilisée des deux ; elle dispose d'une entrée particulière sur son mur Est, en haut de quelques marches en direction du presbytère. La sacristie Nord, quant à elle, est une réserve. Elle est la plus vaste des deux et déborde d'un bon mètre dans le cimetière où, de plus, une entrée donne accès à la chaufferie en sous-sol.


La nef :

Elle mesure extérieurement dix-huit mètres de large sur trente-trois mètres de long, soit intérieurement trente et un mètres et demi de long et un peu plus de seize mètres de large.

Haut d'un pilier engagé de renfort extérieur.

Les murs latéraux (gouttereaux) sont hauts de dix mètres et sont coiffés d'une corniche à ressauts qui fait le tour complet de la nef et du clocher (les murs du chevet portent aussi la même corniche, mais cinq mètres plus haut). Bien que mesurant quatre-vingt cinq centimètres d'épaisseur, ils sont renforcés à l'extérieur par des piliers engagés de grès rose qui mesurent soixante centimètres de large et saillent de vingt cinq centimètres.

La colonnade Nord.

Les grandes arcades en plein cintre séparent le vaisseau principal (large de sept mètre soixante) des bas-côtés (larges de quatre mètres trente). Les six travées (quatre mètres quatre-vingt de long) sont rythmées par sept colonnes identiques de soixante centimètres de diamètre. Dans les murs gouttereaux Sud et Nord se trouvent des colonnes engagées (en regard des piliers extérieurs) qui font pendant aux colonnes centrales et supportent la poussée des arcs des nefs latérales. Les bas-côtés, se terminent par des murs droits. Curiosité : Avant la première, et après la sixième travée, des amorces d'arcades supplémentaires s'interrompent après trente centimètres et se noient dans des piliers rectangulaires (quatre-vingt cinq centimètres sur soixante) accolés aux murs droits et qui renforcent les ouvertures du chœur et du portail d'accès. Seules ces amorces de travées, à chaque extrémité des bas-côtés, sont voûtées en plein cintre (plâtre sur bois).

Une embase de colonne.
Un chapiteau de colonne.

Les colonnes reposent sur des embases carrées et sont coiffées de chapiteaux d'ordre ionique aplatis, ornés de volutes latérales. Elles supportent les arches en plein cintre et les doubleaux des bas-côtés, soulignés par des moulures de plâtre de tous les côtés. Une frise de stuc et une corniche courent au dessus des grandes arcades.


Détails de la frise.
Au-dessus d'une arcade, la frise, la corniche et une baie haute.

À chaque travée, cette frise se compose au centre de deux têtes d'angelots, affrontées dans un cartouche à enroulements de style renaissance, et se prolonge en rinceaux de part et d'autre.

Entre corniche et plafond sont percées les fenêtres hautes circulaires. Elles sont garnies de vitraux ronds qui diffusent la chiche lumière transmise par les lucarnes du toit, équipées de simples châssis à tabatière.


La nef vue du chœur et la grande allée centrale.
Le bas-côté Nord.

Chaque colonne des grandes arcades se prolonge, côté vaisseau principal, en piliers engagés d'où partent les arcs doubleaux surbaissés qui supportent le plafond. Les arcades et les écoinçons (seulement ceux de la travée la plus proche du chœur en ce qui concerne les bas-côtés) sont soulignés par des moulures en plâtre.


La tribune d'orgues au-dessus de l'entrée.
La tribune de côté.

Au-dessus de l'entrée de la nef, se trouve la tribune d'orgues. Supportée par deux colonnes doriques de chaque côté, elle est entourée d'une balustrade. Elle s'avance jusqu'aux deux tiers de la première travée et mesure sept mètres de large. La frise sur le devant se compose de triglyphes avec gouttes et de blocs de grès blancs rectangulaires saillants, sans doute en attente de sculptures, quoiqu'ils semblent supporter les corbeaux de l'entablement. On accède à cette tribune en empruntant l'escalier en colimaçon du clocher.


La croix de Lorraine au bout de l'allée centrale, devant le chœur.
Vue d'une tête de banc.

Le sol est partout de ciment. Sous les trente-trois rangées de bancs, il est couvert d'un plancher. Trois allées mènent de l'entrée au chœur : Une large allée centrale, ornée d'une bordure de mosaïque et d'une croix de Lorraine devant le chœur, et deux autres plus étroites dans les bas-côtés. Chaque rangée de bancs peut accueillir vingt quatre personnes soit sept-cent soixante places compte tenu des pertes dues aux colonnes, au confessionnal de monsieur le Curé, au tambour du portail Sud, et à la chaire.


La toiture est supportée par une charpente métallique. Pour se rendre dans les combles, on doit passer par le clocher.

Croix de la consécration.

À l'occasion de la consécration de l'église en 1897, douze croix dorées ont été peintes sur les colonnes engagées des bas-côtés et sur les colonnes des extrémités de la nef. On note, au-dessus des croix, la trace laissée par la fixation des girandoles associées qui portaient trois bougies.


Nota : Comparer l'aspect de la nef avec celui de l'église de Clefcy. Elle était probablement semblable avant la restauration de Ch. Carriage en 1893.


Le clocher :

Le clocher vu du Sud.

Le clocher de plan carré, jadis appelé tour, mesure environ sept mètres cinquante de côté à la base. Ses murs ont un mètre soixante cinq d'épaisseur et sa hauteur totale est de trente-sept mètres dont près de vingt-deux sont en maçonnerie..

Son mur Est est encastré dans le mur Ouest de la nef et ses angles sont renforcés d'un bel appareil de grès rose taillé. Par deux fois, au niveau de chaque étage, entre-sol excepté, sa section est réduite par un talus d'environ vingt centimètres. De ce fait, le côté au sommet n'est plus guère que de sept mètres. Les ruptures sont soulignées par des corniches de grès rose dont la première est la plus proéminente (elle fait aussi le tour de la nef). Trois cerclages d'acier, répartis sur les deux étages supérieurs, confortent la résistance de la maçonnerie, soumise à rude épreuve quand les cloches sonnent à toute volée. Les murs sont coiffés par la même corniche que ceux de la nef et du chevet.

Le portail d'accès au porche fermé, un jour d'hiver.

Au centre de son mur Ouest, il est percé d'un large portail (de style toscan dit Jean-Baptiste Haxaire) de grès rose sommé par un arc surbaissé à clé pendante. Il mesure près de six mètres de large et sept mètres cinquante de haut. L'ouverture est encadrée par deux piliers engagés qui supportent un entablement sans décoration sur lequel est posé un fronton curviligne dont le tympan ne porte aucun ornement. La porte, elle-même, mesure deux mètres quarante de large, et à l'intérieur du porche, son pendant à l'Est donne accès à la nef.

Nota : Le clocher et l'aspect frontal de l'église de Clefcy sont très similaires, notamment les partails d'entrée.


Le porche et sa voûte en berceau plein cintre.
Au milieu du sol du porche, on peut lire : « RENOV ANNO DOMINI MDCCCXCIV » (RENOVE EN 1894).

À l'intérieur, le porche est voûté d'un berceau en plein cintre décoré de caissons. De part et d'autre de la porte d'accès à la nef sont nichés deux bénitiers très simples, qui sont rescapés de l'église de 1783.

La mosaïque au sol rappelle que la dernière rénovation importante a été effectuée en 1894.


La tourelle d'accès au clocher.

Outre les deux portes en vis-à-vis, on trouve au fond à gauche la petite porte d'accès aux étages supérieurs où mène un escalier de pierre en colimaçon qui tourne à gauche, logé dans une tourelle carrée extérieure, d'un peu plus de deux mètres de côté. Cet escalier qui compte trente marches est éclairé par deux lucarnes rectangulaires.


Le clocher de face.
Le départ de l'escalier de bois dans l'entre-sol.

L'entre-sol : Au débouché de l'escalier, on entre dans une pièce obscure qui sert de débarras, et une porte, dans le mur Est, donne accès à la tribune d'orgues. On continue ensuite l'ascension par un escalier en bois grossier de vingt quatre marches.


Le mécanisme de l'ancienne horloge.

Le premier étage : Il est éclairé par un œil de bœuf d'un mètre de diamètre percé au centre du mur Ouest, et contient, dans une armoire vitrée, un mécanisme d'horlogerie de marque « SCHWILGUE (Strasbourg) ». Une plaque de cuivre y est fixée sur laquelle on peut lire : «  EXECUTE SOUS L'ADMINISTRATION DE MR MASSON MAIRE DE LA COMMUNE DE FRAIZE 1863 ».
Il est à noter que SCHWILGUE est aussi l'auteur de l'horloge astronomique de Strasbourg. Depuis son remplacement par un dispositif d'horloge électrique, ce vieux mécanisme est désaffecté.


Le comble du bas-côté Sud et la charpente de fines poutrelles métalliques
Une fenêtre haute vue du comble dans lequel elle donne.

Au centre du mur Est se trouve la porte ouvrant sur une passerelle qui domine et longe l'arrière du buffet d'orgue et mène, de part et d'autre, aux combles des bas-côtés.


Le second étage : On gagne le second et dernier étage, où se trouvent les cloches, en continuant à grimper un même type d'escalier de vingt huit marches en tout. Les quatre murs, dont celui de l'Est qui émerge enfin du pignon Ouest de la nef, sont percés de larges ouvertures en plein cintre qui accueillent les cadrans de deux mètres de diamètre de l'horloge, désormais électrique. En dessous des cadrans, le tintement des cloches s'échappe librement au travers d'abat-sons en bois de même largeur et descendant jusqu'au plancher. Dans le mur Est, la fenêtre est percée cinquante centimètres lus haut compte tenu de la faîtière du toit, et la hauteur de l'abat-son correspondant est considérablement réduite.


Le comble du vaisseau principal avec la charpente de fines poutrelles métalliques
L'accès vers le comble du vaisseau principal au travers de la base du beffroi

Une dizaine de marches avant de déboucher à cet étage terminal, l'escalier traverse l'enchevêtrement des lourdes poutres de la base du beffroi et qui le greffent dans les murs. C'est à ce niveau qu'on peut se glisser, sur la droite, pour aller trouver, au bas de six marches, l'ouverture d'accès au comble du haut vaisseau de la nef, éclairé, côté Nord, quelques châssis à tabatières.


Le beffroi : Vue du niveau supérieur avec le support direct des cloches.
Le beffroi : Vue de l'intérieur de sa charpente sous le plancher de l'étage des cloches.
Le beffroi : Vue des poutres de sa base dont les plus basses seules sont greffées dans la maçonnerie

Le lourd beffroi, ouvrage de charpente interne, totalement indépendant de la charpente du bulbe et des poutres des planchers, est destiné à supporter les cloches et à permettre leurs balancements dans un plan Est-Ouest. Il est greffé dans la maçonnerie par ses poutres les plus basses, puis sa structure s'élève et traverse le plancher de l'étage des cloches pour en occuper le centre, sans toucher les murs.

Par l'ouverture Ouest débarrassée du cadran de l'horloge et de l'abat-son, on peut, en cas de besoin, faire entrer ou sortir les cloches.


La charpente du toit en forme de bulbe.

Il n'y a pas de plafond, et au-dessus du beffroi, et on peut admirer l'enchevêtrement des grosses poutres de chêne de la charpente du bulbe octogonal de style XVIIIème Lorrain, extérieurement couvert d'ardoises.

Jean-Baptiste Haxaire note : « Le père de l'officier Fleurentdidier, qui, je crois, s'appelait aussi Joseph, était un charpentier en renom à son époque ; ce fut lui qui exécuta la charpente en chêne du dôme de notre église vers 1783. Lors de la pose du paratonnerre, son nom « FLEURENTDIDIER, charpentier » fut découvert, incrusté dans une pièce de charpente. Depuis il a été mutilé et on le lit avec peine. »


La croix en fer forgé et le coq girouette.

La partie sommitale du bulbe se compose d'une grande croix de fer forgé surmontée d'un coq girouette sur le paratonnerre.


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Histoire de l'Église

Cette église, consacrée à saint Blaise et à Notre-Dame de la Nativité, est attachée à une longue histoire qui prend naissance au tout début du Moyen-Âge. En ce temps là, le massif des hautes Vosges est peu habité, mais au sud, à Annegray près de Faucogney, saint Colomban, moine irlandais, est installé depuis la fin du VIème siècle, et a groupé des disciples autour de lui. Puis Amé et Romaric à Remiremont, Gondelbert à Senones, Hydulphe à Moyenmoutier, Leudin à Étival fondent des centres religieux.

660. C'est alors que Déodat, d'après les légendes dont est entouré ce temps, arrive d'Alsace, après y avoir fondé le village du Bonhomme. Il aurait sur son chemin miraculeusement trouvé une source à la Capitaine après s'être perdu au Rossberg. Qui sait ? Pour traverser les forêts impénétrables des Vosges de cette époque, il a probablement suivi le tracé de la voie romaine Est-Ouest qui passait par le col (appelé aujourd'hui du Bonhomme), les hauts de Scarupt, le col des Journaux et continuait vers l'Ouest en passant par les Fouchifol, Remémont et Sainte-Marguerite actuels et traversait enfin, au pied du Kemberg, le site de la future Saint-Dié qu'il trouve à son goût. Il obtient du roi Childéric II (fils de Clovis II) qu'il lui donne le territoire, et y établit un monastère qui échappe à l'autorité des évêques et dépend directement du Saint-Siège. Durant les siècles qui suivent, ce monastère, devenu trop petit, essaime des cellules monacales de plus en plus éloignées au long des hautes vallées de la Meurthe, dans ce qu'on nomme le « Val de Galilée ». Ainsi finit par être fondée la cellule de Fraize, dépendant de celle de Mandray, antérieure, car plus proche de Saint-Dié.

Des siècles d'un obscur et sans doute dur labeur plus tard, au XIème siècle, une chapelle dédiée à saint Blaise s'élève à l'emplacement de l'église actuelle. Elle est encore annexe de l'église de Mandray, mais l'évolution des populations aidant, Fraize et sa chapelle acquièrent rapidement la primauté sur Mandray.

1307. On ne sait quand la construction de la première église a eu lieu. Le premier document à la mentionner date de 1307. Puis, nous dit Victor Lalevée : « ...à la date de 1677, on a de bonnes raisons de croire que la première église de Fraize - son chœur tout au moins - avait été bâtie par les sires de Ribeaupierre, possesseurs par moitié du Ban de Fraize, car leurs armes étaient sculptées à la clé des nervures de la voûte du chœur ».

La guerre de Trente ans. Si les Vosges montagneuses restent à l'écart des invasions des Bourguignons au XVème et des Rustauds au XVIème, il n'en va pas de même de la guerre de Trente ans qui ravage toute la Lorraine durant la première moitié du XVIIème siècle. Les soudards de toutes nationalités et les épidémies successives de peste font disparaître les deux tiers de la population, en particulier dans les vallées de Fraize et de Clefcy. L'église est très endommagée et menace ruine. Des années de réclamations plus tard, les habitants de Fraize obtiennent enfin que les travaux soient entrepris, au moins en ce qui concerne le chœur, aux frais du Chapitre de Saint-Dié. Nota : L'usage général était que le clergé décimateur ait à sa charge le chœur, tandis que les nefs et tours étaient à la charge des paroissiens, mais les seigneurs locaux pouvaient aussi participer et apposer leurs armes. Ainsi, une clé de voûte du chœur arborait les armes des Ribeaupierre.

1680. Une fois les travaux effectués, elle est devenue une belle église de style gothique (renaissance si on en juge par le portail sud), richement ornée et à trois nefs, qui fait la fierté locale. Elle est plus grande que celle d'aujourd'hui, car elle est alors église paroissiale pour les habitants de Fraize, de Plainfaing et du Valtin. Les curés, qui résident à Fraize, sont usés de bonne heure, car ils partagent leur ministère entre les églises de Fraize et de Mandray. La première messe à dire le dimanche matin a lieu à Mandray, où ils doivent se rendre, puis, sans tarder ensuite, revenir pour dire celle de Fraize. Celle-ci a lieu nécessairement après, car les habitants du Valtin, à trois heures de marche, n'ont pas le temps d'arriver plus tôt.

1719. Le clocher abrite quatre cloches d'un timbre si harmonieux, note Victor Lalevée, qu'on dirait qu'elles sont d'argent. La plus puissante, fêlée pour quelque raison, doit être refondue (ce qui se fait sur place) en 1719. Elle est bénite le 14 juillet 1720 (sic) sous le nom de Blaise et pèse 2250 livres. Malheureusement, son timbre n'est pas accordé à celui des trois autres, et il faut la refondre en lui ajoutant une bonne quantité de métal. Elle est à nouveau bénite, sous le même nom de Blaise, le 25 octobre 1723 et pèse finalement 2800 livres.

1779. Arrivée du curé Nicolas Vichard, pour une période de vingt ans qui couvre toute la période révolutionnaire.

1782. Dans la nuit du 6 février 1782, l'église est complètement détruite par un incendie. Il ne reste rien hors les vases sacrés et le contenu de la sacristie, rapporte le curé Vichard. Les cloches se brisent dans leur chute. Seul le tableau ex-voto du Miracle de la Vierge échappe au désastre, ainsi que le petit portail Sud. Victor Lalevée rapporte qu'il se peut que l'incendie ait été causé par une imprudence de l'organiste qui aurait oublié une chaufferette près de l'orgue après un mariage...

À l'occasion de la reconstruction, la paroisse de Fraize est scindée en deux parties dont l'une devient la paroisse de Plainfaing. Au demeurant, celle-ci possède déjà une chapelle (dédiée à saint Nicolas) depuis un certain temps. Le Valtin, groupé avec le Grand-Valtin, a auparavant, été érigé en paroisse séparée (en 1689).

1783. Pour reconstruire l'église de Fraize, de plus petite taille que précédemment, avec une seule nef de type halle, avec un plafond de bois plat de même hauteur partout sauf dans le chœur voûté, une abside aveugle et seulement deux baies pour éclairer le chœur, on fait appel, comme le rapporte Victor Lalevée, à « Joseph Cuny, laboureur à Scarupt. Ce singulier entrepreneur était sans doute un de ces " Jean fait tout " de village travaillant au rabais avec plus de bonne volonté que de savoir-faire. Il n'y a pas de quoi s'étonner quand on sait que, la même année, " Blaise Léonard, marcaire à la Grange le Pour " (ferme sur les hauteurs de Plainfaing), bâtissait l'église de Plainfaing. .» Le curé Vichard précise : « Depuis le cinq février (sic) [1782] jusqu'à la Toussaint de cette année [1783], le service divin se faisait sous les Halles [maison actuellement Voinquel] pendant près de deux ans. » La reconstruction fut rapide ! Il indique par ailleurs «  Nous avons acheté cette année l'autel des Dames Religieuses de la Congrégation d'Épinal pour quatre louis de principal et un louis de voyage, que M. Raulin, le jeune, chanoine de Saint-Dié a remboursé par charité. »

1784. Avec les débris des quatre cloches détruites dans l'incendie, on en fond trois nouvelles, œuvre de Nicolas Liebaut d'Eurville en Lorraine, pour la somme de 500 livres. Elles sont bénites le 20 octobre par Nicolas Vichard, curé de l'église et prennent leurs places définitives en haut du clocher pour la Noël.

1785. Des malfaçons apparaissent, que Joseph Cuny finit par accepter de réparer tout en concédant un rabais supplémentaire de 3000 livres. Le coût total de la reconstruction s'élève finalement à 28.900 livres. Le roi Louis XVI, ou plutôt son administration, participe à cette dépense à hauteur de 5000 livres, la communauté devant financer le reste. Le curé Vichard précise que, au dessus du chœur, est suspendu un « lustre [qui] a été donné par Agnès Flayeux, veuve de Jean-Baptiste Cuny de Fraize et a été fait en la verrerie du sieur Renauld à Baccarat qui en a fait cadeau à ladite veuve. »

1789. Les voûtes du chœur menacent de s'effondrer, mais les demandes de réparation réitérées auprès du Chapitre restent sans réponse. La Révolution qui survient abolit le Chapitre et ses prérogatives, dont la dîme qu'il percevait. De ce fait, les Fraxiniens, sans plus d'interlocuteurs, vont conserver leur église, et son chœur à la stabilité douteuse, en l'état, pendant plus de soixante ans.

La Révolution. À Fraize, Jean-Baptiste Flayeux, du Château Sauvage, est maire depuis peu, et Nicolas Vichard (natif de Bru) en est le très estimé curé. Pour fêter la Révolution et ses premiers décrets, un Te Deum d'action de grâces est chanté le 12 août 1789. La sécurité est assurée. Victor Lalevée rapporte que deux résidents de la Costelle sont chargés de « veiller autour de l'église pendant la messe et les offices, les jours de dimanche et de fête, afin que personne ne reste dans le cimetière au moment de l'office divin. ». Puis l'église devient le « Temple de l'être Suprême » et on en retire « toutes les images de la superstition » comme on dit alors ; sauf la croix du clocher, car personne ne veut en tenter l'ascension. Deux des trois cloches, les plus petites, sont envoyées à la fonte pour soutenir l'effort de guerre contre les Alliés. En 1794, le bon curé Vichard, qui avait en 1791 prêté le serment constitutionnel, n'exerce plus le culte public, aboli depuis 1793, mais du Belrepaire où il se cache, il continue à administrer en secret les sacrements et il va baptiser et dire la messe dans la cave de la maison Georges à la Costelle, probablement au vu et su de toute la communauté. Durant cette période troublée, on célèbre dans l'église le culte décadaire et on y organise les fêtes de la Raison, puis de l'Être Suprême. Elle résonne alors des chants patriotiques et des cris à la gloire de la République qui scandent les harangues prononcées par les édiles et responsables politiques.

1801. Le Concordat signé le 26 messidor an IX, entre Napoléon Bonaparte, Premier Consul, et le représentant du pape Pie VII, stipule entre autres : « La religion catholique, apostolique et romaine, sera librement exercée en France. » L'église est rendue au culte catholique, le mobilier qui avait pu être caché reprend sa place, notamment le grand Christ en croix, et même le citoyen Joseph Mengin,qui avait acheté le presbytère comme bien national le revend pour un prix raisonnable à la municipalité. Qu'est devenu l'autel acheté en 1783 ?

1802. Arrivée du curé François Pierrot, pour trente ans. Le curé Vichard, décédé quelques années plus tôt, n'avait évidemment pas été remplacé.

1803. Trois nouvelles cloches sont fondues sur place au mois de mai, par Joseph Thouvenot de Bulgnéville, qui a fort à faire en cette année là. Le 8 août, le curé François Pierrot procède à la bénédiction de ces trois cloches.

1832. Arrivée du curé Victor Miche, pour trente cinq ans.

1851. Le dimanche 11 mai 1851, durant la prière du soir du mois de Marie, la foudre tombe sur l'église, pleine de fidèles. Elle tue Jean-Baptiste Saint-Dizier, 54 ans, cultivateur aux Aulnes, et Jules Schaffhauser, 15 ans. Elle manque aussi de tuer Jean-Baptiste Haxaire qui, ainsi que son frère Joseph, étaient présents et rapportent longuement l'aventure dans leurs chroniques. Un éclat de bois de la porte qui vole en éclats traverse la nef et le chœur et se plante dans le grand tableau, représentant saint Blaise, saint Antoine et saint Roch, qui se trouve alors derrière le maître autel. L'orgue est si endommagé qu'il faut le remplacer. C'est Claude-Ignace Callinet, facteur à Rouffach, qui emporte le marché pour un coût de 6.000 francs.

Lire les comptes-rendus des frères Haxaires.

1855. Le toit est encore couvert d'aissis (bardeaux de bois) et le risque d'incendie est si grand qu'on décide de les remplacer par des ardoises. En même temps des paratonnerres, inventés il y a déjà plus d'un siècle, sont installés au sommet du clocher et du chœur. Comme chaque fois, les fonds sont difficiles à trouver et on doit faire appel à l'impôt et à la vente de biens communaux.

1867. Arrivée du curé Georges Toussaint, pour vingt six ans. Pendant son ministère, l'idée de rénovation s'impose et avance, mais ne débouche pas. Des projets sont proposés par messieurs Barthélémy et Martin, tous deux architectes à St-Dié.

1886. Peu avant la restauration de Charles Carriage, Jean-Baptiste Haxaire, qui a eu connaissance des projets, note dans un cahier le peu de bien qu'il en pense et fait ses propres suggestions. Si on l'avait suivi, la nef aurait été allongée de part et d'autre du clocher. Le plafond de la nef eut aussi été surélevé, mais grâce à une organisation en caissons, les colonnades auraient été évitées. Sans doute l'aspect général résultant aurait-il été très différent de ce que l'on connaît.

1893. Arrivée du curé Constant Paradis, pour vingt huit ans.

L'église, qui est demeurée telle que reconstruite en 1785, avec ses murs blanchis à la chaux et ses plafonds lambrissés, a au-dessus du chœur, une clé de voûte aux armes des Ribeaupierre. Comme eux-ci n'ont plus rien à voire avec Fraize depuis 1693, c'est sans doute la preuve qu'elle a été récupérée dans les ruines de l'église d'avant l'incendie de 1782.

Toutefois, les murs du clocher et de la nef de plus en plus fissurés, les voûtes du chœur menaçant de s'effondrer, et le toit faisant eau de toutes parts, il faut procéder à des réfections d'autant plus urgentes qu'on a trop tardé à les entreprendre. Dans un cahier rédigé en 1886, Jean-Baptiste Haxaire avait fait des propositions pour une restauration qui, tout en augmentant le nombre de places et donnant à l'ensemble un style homogène plus gothique que roman, devait avoir un coût modeste et compatible avec les ressources disponibles. On ne sait pourquoi elles n'ont pas été retenues, et Jean-Baptiste Haxaire, décédé en 1891, n'a rien pu dire sur ce point. C'est finalement Charles Carriage, de Saint-Dié, qui est l'architecte de la rénovation. Il mêle les styles renaissance et classique à ce qu'il garde de roman (notamment les baies) et gothique (les voûtes sur croisées d'ogives du choeur). À noter qu'il doit, entre autres contraintes, à faire au moins cher. Il répare donc les fissures du clocher qu'il ceint de trois cerclages d'acier, et celles des murs gouttereaux de la nef qu'il consolide par des colonnes et des piliers engagés. Il restaure la voûte de l'ensemble chœur-abside et y perce cinq baies en plein cintre, en complément des deux qui s'y trouvent d'origine. Il ne remet pas en cause la toiture existante, mais la répare, et prend dans les combles la place disponible pour élever autant que possible le plafond du vaisseau principal en le faisant reposer sur de grandes arcades qu'il décore de frises et d'ornements de stuc. Outre de l'élévation verticale, le relèvement du plafond lui donne de la place pour une tribune d'orgues, qu'il ajoute, et lui permet aussi de percer, dans chaque travée, et de part et d'autre, des fenêtres circulaires hautes. Pour leur donner de la lumière, au travers des combles résiduels sur les bas-côtés, il leur associe, sur le toit, des lucarnes à chiens assis. Toutes les baies sont dotées de verrières neutres, sans personnage, dits grisailles. Les fenêtres hautes, qui n'ont été détruites ni en 1914 ni en 1944, contiennent encore ces vitraux. Il orne le bord du toit d'une balustrade et somme le haut du mur pignon Ouest, de part et d'autre du clocher, d'un petit pinacle. À peu de choses près, Charles Carriage donne naissance à l'église que nous connaissons aujourd'hui.


Gravure sur un Bulletin Paroissial de 1908
Vue vers le Nord, carte postale début XXème.

Écoutons Victor Lalevée : « La restauration de 1893-94 a fait de l'église un élégant vaisseau à trois nefs et plafonds plats que supportent de sveltes colonnes en pierre blanche avec chapiteaux de l'ordre ionique. La voûte du chœur à laquelle aboutit la nef principale aux arcs surbaissés est soutenue par de délicates nervures finement sculptées. L'édifice a été consolidé extérieurement par des piliers de soutien en grès rose encastrés dans les murailles ».

Sur les vues du début du siècle, on reconnaît en effet bien le bâtiment actuel. On note, avec quelque attention, que le toit, couvert d'ardoises, est percé de lucarnes en forme d'œil de bœuf, six de chaque côté, pour donner du jour, via les combles des bas-côtés, aux nouvelles fenêtres hautes de la nef. Il est de plus bordé d'une surprenante balustrade.

1897. Consécration de l'église, fraîchement rénovée.

1901. Le 30 septembre, grâce à l'opiniâtreté du curé Paradis, sept vitraux dûs à monsieur Hucher, maître verrier au Mans, sont posés dans le chœur.

1902. Le clocher est doté le 14 mars, suite à une délibération municipale, des quatre cadrans d'horloge.

1905. Aristide Briand fait voter la loi de séparation des l'Églises et de l'État (9 décembre). Dans ce cadre, l'église, le presbytère et leurs contenus deviennent biens communaux, et un inventaire des biens doit être dressé.

L'église en 1900. À noter des travaux en cours sur le bulbe du clocher. On y distingue un personnage debout.

1907. Dans un bulletin paroissial, le curé Paradis note « des hauteurs de la Beurée, on découvre la vallée de Fraize,... , le clocher blanc de la paroisse avec son dôme surmonté d'un coq doré, entre un soleil et une lune d'or. » En fait lune et soleil sont aux extrémités de la branche horizontale de la croix qui domine le chevet, ainsi qu'on peut voir sur les photos d'époque.


1914. C'est la guerre ! En septembre, le 7, un bombardement allemand provoque la destruction des vitraux, celle de la croix du maître autel et la lacération d'un panneau de boiserie (à droite du maître autel). De plus, il provoque l'incendie du presbytère et, perte irréparable, la disparition des précieuses archives qui s'y trouvent, accumulées par les curés au fil du temps, notamment, déplore Victor Lalevée, les manuscrits du curé Paradis.

1921. Arrivée du curé Léon Petitjean, pour vingt deux ans. Les vitraux détruits en 1914 sont remplacés sous son contrôle.

La nef et le chœur, carte postale de 1923 environ. 
				  Ce sont les nouveaux vitraux de 1923, mais l'éclairage électrique n'est pas en place.

1924. L'éclairage électrique est installé.

1931. La balustrade qui entoure le toit et qui est la cause d'infiltrations à répétition lors de la fonte des neiges, est supprimée, sauf quatre piédestaux de grès blanc qui sont restés aux extrémités des murs Sud et Nord.

1944. Arrivée du curé Léon Munier, pour sept ans. En novembre 44 (YB le 23 ?) des bombardements détruisent à nouveau tous les vitraux (sauf ceux des baies hautes). Les ouvertures béantes sont bouchées par des panneaux de bois percés d'un petit vitrage au centre.

1948. Albert Folzer, plombier-ferblantier à Fraize remplace le coq girouette.

1949. Les nouveaux vitraux de Max Ingrand commencent à être installés.

1951. Arrivée du curé André Zerringer, pour neuf ans.

La Blaise prète à entrer dans le clocher.Photo A Goy.
La Blaise sur le parvis attendant d'être hissée.Photo A Goy.

Le jour de l'ascension, la grosse cloche, « la Blaise » se fêle et doit être refondue. Une société de Bagnolet s'en charge, et la nouvelle cloche, qui garde le nom de Blaise, est baptisée le dimanche 29 juin 1952 par le curé André Zerringer. Le jeudi suivant, grâce à l'aide des ouvriers de l'usine Géliot, elle prend sa place entre ses sœurs, en haut du clocher, et sonne pour la première fois le lendemain. Durant la même année, un système de chauffage « moderne » à air chaud pulsé est mis en place, la chaudière étant installée sous la sacristie Nord. C'est à cette occasion qu'une cheminée est construite le long de l'angle Nord-Est de la nef.

1960. Arrivée du curé Louis Petitnicolas, pour sept ans.


Les nouveaux châssis à tabatières.

1961. Lors de la réfection de la toiture, dirigée par Monsieur Ringwald architecte à Saint-Dié, la vieille charpente de bois est remplacée par une charpente métallique. À cette occasion, les élégantes lucarnes en œil de bœuf disparaissent et sont remplacées par de simples châssis à tabatières. On remplace aussi les ardoises par des tuiles, et la croix et le coq (que sont-ils devenus) au dessus du chevet sont remplacés par un simple paratonnerre. Enfin, les volutes ornant les pignons de part et d'autre du clocher disparaissent, hors leurs amorces contre le clocher.

1967. Arrivée du curé René Didierlaurent, pour seize ans.

1983. Arrivée du curé Michel Caël, pour seize ans. À partir de cette année, les paroisses de Plainfaing et Fraize sont à nouveau réunies.


Depuis 1996.
Avant 1996.

1996. Les derniers travaux d'entretien avant ce jour sont entrepris. Ils couvrent notamment les murs d'un crépi ocre. Il faut noter que c'est à cette occasion que les blocs de grès blanc qui avaient été disposés, lors de la rénovation de 1893-95, à chaque coin de l'église en vue d'y sculpter les quatre Évangélistes, sont ôtés.


L'église entourée du cimetière sur le plan cadastral « napoléonien » de 1812.
Les deux tombes restant près de la sacristie Sud.

Le cimetière attenant à l'église a toujours été à l'emplacement actuel, mais ses dimensions ont naturellement varié avec le temps. On voit sur le cadastre daté de 1812 qu'il entoure l'église ! Il semble que les tombes de la façade Sud ont commencé à être déplacées à partir de 1894, mais il en reste encore deux de nos jours près de la sacristie Sud. Sur une gravure en page de garde d'un bulletin paroissial de 1908, on distingue de nombreuses croix tombales dépasser du mur.


Le dernier suisse, Albert Colson, en grand uniforme, avec les attributs de sa charge.

De 1905 à 1957, pendant cinquante-deux ans, un Fraxinien a eu la responsabilité de la bonne tenue des fidèles dans l'église. On l'appelait « le suisse ». Albert Colson, décédé 1958, a été le dernier à occuper cette charge. Tantôt il se déplaçait en frappant le sol de sa haute canne, rappelant à tous sa présence, et tantôt il s'approchait sans bruit. Il était fort craint, notamment des enfants.

Avant monsieur Colson, on connaît trois autres « suisses ». D'abord monsieur Jean-Joseph Vincent, de Clairegoutte (1811-1884), qui a été le constructeur, vers 1865, de la chapelle dite « du Suisse ». Puis monsieur Jean-Joseph Georges, de la Graine (1843-1923), puis monsieur Antoine.


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Le portail latéral Sud :

C'est le seul élément d'architecture renaissance qui ait été conservé de l'église de 1680, et il est classé monument historique. Il est souvent qualifié de « Porte des hommes. »

Le portail latéral Sud.

L'ouverture proprement dite se compose d'un arc en plein cintre à clé pendante reposant sur deux piédroits. Elle est encadrée par deux piliers engagés supportant un entablement dont la frise de type ionien est composée d'une succession de triglyphes avec gouttes et de métopes décorées de rosace de feuilles d'acanthe. Les écoinçons sont garnis de grandes feuilles d'acanthe. La corniche supporte un fronton curviligne ouvert dont les ailes terminées en volutes encadrent un tableau rectangulaire portant l'inscription :

SANCTE BLASI
ORA PRO
NOBIS

Ce tableau est chapeauté d'un petit fronton triangulaire orné d'une tête d'ange avec des ailes déployées.

Le portail latéral Sud  Vue de face du fronton.
Le portail latéral Sud : Détails d'un écoinçon et de l'entablement.
Le portail latéral Sud : Le fronton triangulaire.
Le portail latéral Sud : Détails de la volute droite.

Le tambour intérieur du portail latéral Sud.

À l'intérieur de la nef, un tambour de bois sculpté a été installé en 1901. C'est une enceinte destinée à isoler l'intérieur de l'église du froid et les courants d'air provenant du portail.


Le portail latéral Nord.

Symétriquement au portail latéral Sud, il existe un portail latéral Nord qui donne sur le cimetière. Il n'est pas décoré, mais comme le portail Sud, il est en plein cintre, et comme lui, il se trouve exactement entre deux travées, interrompant à leurs bases les pilier et colonne engagés correspondants. À l'intérieur de la nef, il est caché par le confessionnal dit « de Monsieur le Curé » et n'est donc ni visible, ni accessible.


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Le tableau du miracle dû à Notre-Dame de Saint-Dié dite Notre-Dame de Galilée :

Le tableau du miracle dû à Notre-Dame de Saint-Dié dite Notre-Dame de Galilée.

Il se trouvait près de l'autel du Sacré-Cœur à droite, mais compte tenu de sa valeur, il est en sûreté à la Mairie et seule une reproduction est visible près du portail à droite en sortant.

Victor Lalevée le décrit comme suit :

« Mesurant environ 0 mètre 90 de haut sur 0 mètre 80 de large, il représente deux paysans, l'homme et la femme, à genoux devant l'image de la Vierge émergeant d'un nuage et tenant dans ses bras l'Enfant Jésus. La femme élève vers Notre-Dame un enfant au maillot ; l'homme prie, les mains jointes. Dans le coin de droite (sic) se lit cette légende :

Jean Nicolas dict de Sarrux, cordonnier, dnt à
St-Diey, ayant faict porter devant l'image
de Notre-Dame de Saint-Diey un fils mort né, dont
Élisabeth Cuitarde, sa femme, estoit
accouchée, après 2 heures de prière,
obtient la vie et le bastême de son enfant en
présence de 7 personnes, du 20 iuin 1656.

Ce tableau, qui n'est pas signé, est classé monument historique depuis le 21 août 1925.

Le texte du tableau du miracle.

Pourquoi, se demande-t-on, cet ex-voto se trouve-t-il dans l'église de Fraize, alors que les parents habitaient Saint-Dié ? L'abbé Flayeux y voit un souvenir de la consécration de l'église à Notre-Dame. Mais ne faut-il pas lire " Scarupt " au lieu de " Sarrupt " ? Ceci expliquerait que le père de l'enfant, natif de Fraize, ait fait don du tableau à l'église de son village. »

En ce qui concerne le sujet même de l'ex-voto, il faut savoir que, au XVIIème siècle (mais aussi depuis très longtemps : André Ronsin parle de nombreux cas remontant au XIIème siècle), seuls les baptisés avaient droit à être enterrés dans un cimetière, et cette coutume était encore active à Coinches et Frapelle au XVIIIème siècle. C'est particulièrement important en ce qui concerne les bébés. Pour pouvoir bénéficier d'un enterrement pour un enfant mort-né, ou décédé lors de l'accouchement, il fallait qu'il manifeste au moins un souffle de vie pour pouvoir recevoir le baptême. On imagine les stratagèmes auxquels certains des malheureux parents ont pu se livrer pour cela ! Les miracles ne sont pas loin...


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Le tableau de saint Blaise :

Le tableau de saint Blaise.

Daté de 1785, après avoir été placé derrière le maître autel jusqu'à la restauration de 1893, décorant les murs aveugles de l'abside d'alors, il se trouve maintenant au fond à droite de la nef, au-dessus des fonds baptismaux.

C'est une peinture sur toile, de grande dimension : trois mètres soixante dix de haut sur un mètre soixante quinze de large.

Il représente, dans sa partie supérieure, saint Blaise en costume épiscopal assis au milieu d'angelots. Il tient dans sa main gauche deux cierges en croix, rappelant ainsi que, en cas de maux de gorge, on obtient guérison en l'invoquant tandis qu'on tient deux cierges croisés devant la gorge du malade.

En bas, à droite, saint Antoine, avec une barbe broussailleuse, qui porte une robe de bure à capuchon et lit dans un gros livre.

C'est probablement saint Antoine le Grand, vénérable anachorète qui vivait au IIIème siècle en Egypte, particulièrement célèbre par ses combats contre les démons. La clochette, sur le bâton d'ermite, qu'il semble tenir, ainsi que le livre, de sa main droite, pourrait être celle du cochon qu'on lui associe.

Ce pourrait être aussi saint Antoine de Padoue, car il est également souvent représenté portant la bure à capuchon des moines franciscains de son ordre et lisant dans un gros livre. C'est le saint par qui arrivent les miracles : Il est invoqué pour retrouver les objets perdus, pour recouvrer la santé, pour exaucer un vœu...

Depuis le XVème siècle, on a eu tendance à confondre ces deux saint Antoine.

En bas à gauche, on reconnaît, sans doute, saint Roch, patron des pestiférés, des malades et des handicapés, au large chapeau plat, à la cape de pèlerin et au le bâton (bourdon) qu'il tient à la main. La plaie qu'il a à la jambe, et qu'il laisse voir, et le chien qui se tient à son côté en sont aussi des symboles.

Le tableau porte dans le coin droit la date 1785 et les noms des donateurs : « Cuny, Perrotey, prêtres et Antoine Cuny, père. ».

Lors du coup de foudre de 1851, un éclat de bois du portail principal a traversé toute la nef et le chœur s'est fiché, et se trouve toujours, dans le personnage de saint Roch. Une autre déchirure plus importante dans l'épaule gauche de saint Antoine a une origine inconnue.

Ce tableau a été peint par Thomas Mathis, ainsi que le confirme le curé Vichard dans des notes de 1785.

Il est classé monument historique, de même que son cadre depuis le 19 juin 1968.


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Le tableau de la Descente de la Croix :

La copie locale de la Descente de la Croix. La base est cachée par le fronton du confessionnal sur lequel il est posé.
Original par Peter Paul Rubens de la Descente de la Croix.

C'est un tableau de deux mètres quatre vingt de haut sur deux mètres vingt de large, probablement une toile peinte, dont le mince cadre est de bois mouluré doré. On ne sait qui l'a réalisé, ni quand, ni qui l'a offert. Comme on ne prête qu'au riches, Thomas Mathis a été proposé comme auteur, mais rien ne vient à l'appui de cette thèse.

En fait, c'est une reproduction, de taille réduite (!), de la toile éponyme de Rubens, peinte entre 1611 et 1614, qui est exposée au musée d'Anvers et mesure, elle, quatre mètres vingt de haut sur trois mètres vingt de large. On en trouve la description suivante : « Le cadavre du Christ, démantibulé, les jambes repliées, la tête pendante, la bouche ouverte, s'inscrit sur le linceul taché de sang. Saint Jean, en robe rouge, soutient son poids, s'équilibrant d'un pied sur un barreau de l'échelle et ainsi se projetant presque dans l'espace du spectateur. C'est une diagonale descendante, avec peu d'effet musculaire, mais plutôt un sens de l'équilibre à la limite de l'instabilité. La tension musculaire, dramatique, est rejetée vers le haut du tableau : L'homme en haut à gauche lance la jambe en arrière pour garder l'équilibre ; celui à droite tient le linceul avec les dents tout en retenant un bras du Christ. Le bas du tableau est plus serein... Les trois Maries font preuve d'une douleur retenue, plus calme, moins tourmentée ; le pied du Christ repose sur l'épaule de Marie-Madeleine, tachant de sang une des ses boucles de cheveux. ». Nota : Ce tableau est à comparer à « L'Érection de la Croix », du même Rubens, et qui en est le pendant, mais qui favorise l'autre diagonale.

L'église manquant de surfaces murales inoccupées, ce tableau, après avoir été longuement remisé derrière l'orgue (depuis la rénovation de 1894 ?) a été dressé sur le confessionnal du milieu du mur Nord.

Bien que copie, ce tableau est inscrit depuis le 3 janvier 2007 à l'inventaire des monuments historiques.


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Le monument de la reconnaissance aux morts de la guerre de 1914-18 :

La peinture au-dessus du monument de la reconnaissance.
Le monument de la reconnaissance.

Il occupe le mur de droite en entrant dans la nef et se compose en haut d'une grande toile peinte ronde de trois mètres de diamètre collée sur le mur (on dit marouflée), et en dessous d'un autel central surmonté d'une statue de la Vierge dans une niche à fond bleu. De part et d'autre, deux plaques de marbre, portent en lettres d'or les noms des deux cent six fraxiniens tués lors de la guerre de 1914-18, dont onze civils. Il a été réalisé entre 1921 et 1926.

La peinture rappelle les combats de 1914-1916 à la Tête des Faux. Elle représente, dans la tranchée un soldat qui veille sur celui qui sommeille, et en avant, celui qui vient de mourir et celui qui prie. Au-dessus, dans une nuée, deux anges. L'un tient une croix, symbole de souffrance, et l'autre une couronne, symbole de récompense. Cette peinture s'est inspirée de la photographie d'une tranchée et d'un blockhaus allemand, proches du calvaire érigé en 1907 au Bonhomme, et qui furent pris par les Français lors de combats les 6 et 7 juillet 1916. Ce blockhaus, qui contrôlait la route descendant du col des Bagenelles au village du Bonhomme, et les tranchées avoisinantes sont encore visibles aujourd'hui.

Cette peinture qui date de 1926 est due à Messieurs Minoux et Mangin de Mesnil-en-Xaintois.

La plaque à la mémoire des défenseurs de Fraize en août et septembre 1914.

Sur le petit mur de gauche, avant la colonne engagée, a été posée une plaque de marbre bleu trusquin à la mémoire de ceux qui sont tombés en août et septembre 1914 pour défendre Fraize. Ils appartenaient à dix-neuf unités de régiments et bataillons de chasseurs et on peut y lire en lettres d'or :

Un grand lustre à pendeloques (cristal ?) est suspendu devant le monument. Est-ce celui qui éclairait le chœur et dont parlait le curé Vichard en 1785 ?

A LA MEMOIRE DE CEUX QUI SONT TOMBES
POUR LA DEFENSE DE FRAIZE
août septembre 1914
officiers et s/officiers
caporaux et soldats
des
23.52.75.133.140.152.158 Reg d'Infanterie
5 Bon Chasseurs à Pieds
7.11.13.22.28.30 Bon Ch Alpins
4 Reg Art Campagne 1 Reg Art Montagne
4 et 11 Ch à cheval 26 Dragons
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LA PAROISSE RECONNAISSANTE
LES UNIT DANS SES PRIERES
A SES ENFANTS TOMBES POUR LA FRANCE

Pendant dix-huit jours d'enfer, du 25 août au 12 septembre, contre un ennemi supérieur en nombre et en artillerie qui occupait Mandray, la Croix-aux-Mines, le Chipal et le Nord des Vosges, ils ont lutté pied à pied, au corps à corps souvent, pour finalement rester maîtres des crêtes qui bordent la vallée au Nord, notamment au col des Journaux, au col de Mandray et sur les hauts de Mandramont. Ils sont des milliers à avoir payé cette prouesse de leur vie et trois cent dix-huit d'entre-eux reposent encore dans la partie militaire du cimetière.

Ce monument a été réalisée par Monsieur Barotte, marbrier à Fraize, à la demande du curé Petitjean qui note dans le Bulletin Paroissial d'août 1930 : « Melle Deloisy a payé la moitié de ce que j'ai dépensé pour le monument de la reconnaissance à la sainte Vierge et aux morts de la guerre.

Le monument est fermé par une grille de fer forgé, œuvre d'un artisan fraxinien, monsieur Henri Zenner.


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Le maître autel :

Le maître autel.

Il date de 1852 et a été offert par Marie Adèle Batremeix, ainsi que mentionné en lettres d'or à l'arrière du Tabernacle :

ALTARE PRIVILEGIATUM
DONO Ad BATREMEIX,
1852

Il est tout de marbre blanc et en bon état. Joseph Haxaire note à la date du 26 mai 1852 : « La première messe a été chantée sur le maître autel en marbre qui vient d'être posé par M. Geratrier de Metz et provenant des dons de quatre mille francs qu'a légués Adèle Batremeix à l'église de Fraize. »

Il domine le chœur du haut d'un podium à trois marches de granit et fait face à la nef, ce qui obligeait le prêtre à tourner le dos aux fidèles. Ses motifs décoratifs très nombreux mêlent différents styles gothiques et baroques.

La base de l'autel avec le pélican au centre.

Au centre de la base, un pélican avec trois petits posés sur une nuée rayonnante. Le pélican nourrit ses petits en dégorgeant les poissons emmagasinés dans sa poche membraneuse. Pour la vider, il presse son bec contre sa poitrine qu'il semble frapper, d'où la légende qu'il se perce le flan pour nourrir ses enfants. Ainsi, il redonne, par son sang, la vie à ses petits morts ou affamés. Le pélican représente le sacrifice rédempteur du Christ et le sacrement de l'Eucharistie. Il est symbole de charité et de résurrection. Par sa blancheur, il figure aussi l'innocence du Christ donnant son sang pour les hommes.

La porte du Tabernacle représente saint Jean-Baptiste portant l'agneau Pascal sur ses épaules. Il est juché sur une nuée.


Le tabernacle et la croix.
La porte du Tabernacle.

Avec le temps, il a subi quelques modifications.

La croix de marbre qui le dominait a été détruite durant un bombardement en septembre 1914. Elle a été remplacée par une croix de bois (faite par Jules Rhor maire menuisier à la Costelle) beaucoup plus haute avec pied massif entouré d'un feston de découpures. La « dentelle de pierre » qui entourait la base de la croix détruite a été refaite en noyer par monsieur Henri Lalevée à l'identique de l'ancienne.

Quand les nouveaux vitraux furent installés en 1949, on a ôté un étage de l'autel avec légère galerie de marbre qui l'entourait en façade et sur les flancs de manière à moins cacher le vitrail central.


Aujourd'hui désaffecté, il est remplacé pour le service divin par un autel de bois plus modeste qui provient de la chapelle de l'hôpital de Fraize. Il est situé à l'entrée du chœur et permet au prêtre de demeurer face aux fidèles. Un ambon, aux armes du chapitre de Saint-Dié et provenant de l'immeuble diocésain, supporte les livres saints à droite de cet autel. Ces aménagements sont l'œuvre de l'abbé Caël en 1983.


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L'autel latéral gauche, dédié à Notre-Dame :

L'hôtel latéral gauche dédié à Notre-Dame. La statue à gauche est celle de saint Joseph

Adossé au mur droit au fond du bas-côté gauche, côté chœur, il mesure trois mètres de large, sept mètres de haut et occupe un mètre dix de profondeur.

Il a été réalisé en chêne sculpté vers 1895 par Monsieur Husson de Blevaincourt (Vosges), et a été offert à l'église par Mademoiselle Denise Deloisy.

Son état est très bon, mais il faut noter que la mise en place d'une bouche d'arrivée d'air chaud (vers 1952-53) a rogné le côté chœur de dix centimètres de large sur un mètre de haut.

La statue centrale de près de deux mètres de haut est en plâtre polychrome. Elle représente la Vierge Immaculée debout sur une demi sphère étoilée. Elle foule de son pied gauche un serpent à la gueule béante et elle étend ses mains tournées vers le haut en signe de bienvenue. Elle a aussi été achetée par mademoiselle Denise Deloisy à une maison de Paris en 1897, en même temps qu'une auréole d'étoiles et une paire de rayons de pierreries, le tout pour un montant de 1006 francs.

Le mur, derrière l'autel, est peint de bleu ciel parsemé de fleurs de lys dorées. On y distingue la signature : PF PC 1937.


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L'autel latéral droit, dédié au Sacré-Cœur :

L'autel latéral droit dédié au Sacré-Coeur. la statue visible sur la droite est celle de saint Blaise.

Adossé au mur droit au fond du bas-côté droit, côté chœur, il mesure trois mètres de large, sept mètres de haut et occupe un mètre dix de profondeur.

Il a été réalisé en chêne sculpté vers 1895 par Monsieur Husson de Blevaincourt (Vosges), et a été offert à l'église par Madame Aubert, née Batremeix.

Son état est très bon, mais il faut noter que la mise en place d'une bouche d'arrivée d'air chaud (vers 1952-53) a rogné le côté chœur de dix centimètres de large sur un mètre de haut.

La statue centrale de près de deux mètres de haut est en plâtre polychrome. Elle représente le Christ qui dévoile son Sacré-Cœur. Un nimbe en métal avec croix et clous tout autour est fixé à l'arrière de sa tête.

Le mur, derrière l'autel est peint d'entrelacs de bleu et de doré sur fond gris perle. On y distingue la signature : Benigen Père, Nancy (1894 ? ).


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Le grand Christ de la nef :

Le grand Christ en Croix.

Ce grand Christ en croix de bois polychrome, est contemporain de la reconstruction suite à l'incendie de 1782. Le curé Vichard rapporte : « Le grand Christ fait au Belrepaire chez François Petitdemange par Mathis, allemand de nation, pour le prix de quatre louis payés par François Petitdemange et Joseph Houssemand du Belrepaire. »

Il repose sur le chapiteau de la troisième colonne Sud, domine la nef et fait face à la chaire.

Bien que décroché pendant la Révolution, il n'a pas souffert car il a pu être caché au Belrepaire chez François Petitdemange.

Ses dimensions sont de trois mètres de haut sur deux mètres de large pour la croix, et deux mètres de haut sur un mètre cinquante de large pour le Christ.

Il est à noter qu'il était d'usage, au moins avant les années soixante, de recouvrit ce Christ d'un voile violet entre le Vendredi Saint et le dimanche de Pâques.

Inscrit à l'inventaire des monuments historiques en date du 31 juillet 1991.


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Les cloches :

Aujourd'hui, depuis l'incendie de 1782, il n'y a plus que trois cloches qui ont été fondues sur place par un certain Joseph Thouvenot, en 1803.

Les trois cloches en place, de gauche à droite la Marie, la Blaise et au fond la Marie-Anne.

Celles-ci sont disposées sur un axe Nord-Sud et sont commandées par des mécanismes électriques depuis 1939. Ce sont :

Les trois notes forment la tierce majeure, mais elle est, notait-on en 1927, un peu haute !

Albert Munier, par Siméon Colin.

Monsieur Albert Munier, aveugle, a été, en même temps que l'organiste, le dernier carillonneur en titre. Depuis sa disparition, les cloches ne font plus entendre que les sonneries automatiques (celles des offices, des heures et quart d'heures).


Inscription sur la Blaise :

FAITE AU MOIS D'AOUT 1803 JE M'APPELLE BLAISE J'AI DU ETRE REFONDUE EN 1952 ET BENIE A NOUVEAU PAR MONSEIGNEUR BRAUT EVEQUE DE SAINT-DIE ASSISTE DE M L'ABBE ZERRINGER CURE DOYEN EN PRESENCE DE M DENIS GERL MAIRE DE FRAIZE DES CONSEILLERS MM EMILE ANDREUX HENRI COLNAT LEON LALEVEE HENRI ZENNER ET DE MES BIENFAITEURS J'AI EU POUR PARRAINS : NICOLAS GELIOT INDUSTRIEL EUGENE MALHOTE CHANTRE ET POUR MARRAINES : MARGUERITE MARIE MEYER CATECHISTE MARIA CHANEL EPOUSE HERMANN MERE DE FAMILLE NOMBREUSE
VENITE ADOREMUS ET PROCEDAMUS ANTE DEUM

On trouve de plus sous forme d'ornements à l'Ouest un Christ en croix, au Nord un évêque (saint Blaise ?), à l'Est Notre-Dame et au Sud une Vierge tenant un rameau dans la main gauche.

Nota : À la place de « Monseigneur Braut », il faut lire « Monseigneur Brault » (Henri-René-Adrien Brault, né la 12 Jul 1894, évêque de Saint-Dié depuis le 18 Nov 1947, décédé le 11 Jul 1964. En 1949, il s'opposa fortement, sans succès, au curé Petitjean à l'occasion la mise en place des vitraux par Max Ingradn).

Inscription sur la Marie :

FAITE AU MOIS D'AOUT 1803 R XI IE M'APPELLE MARIE I'AI ETE BENITE PAR LE SR FRANCOIS PIERROT CURE DE FRAIZE ET DOMINIQUE PIERROT SON VICAIRE PARRAINS : JOSEPH SIMON MEMBRE DU CONSEIL ET JEAN BTE FLEURENTDIDIER CULTIVATEURS TOUS DEUX A SCARUPT MARRAINES : AGNES FLAYEUX VEUVE DE JEAN CUNY ET MARIE ANNE VAUDCHAMPS EPOUSE DE JEAN BTE CHRETIEN FABRICIEN TOUTES LES DEUX A LA COSTELLE
LAUDATE DOMINUM IN CYBALIS BENESONANTIBUS

On trouve de plus sous forme d'ornements à l'Ouest : rien, au Nord une grande croix dont le pied élargi sert de marque au fondeur (avec l'inscription Joseph Thouvenot fondeur), à l'Est une Vierge à l'Enfant et au Sud un évêque avec crosse et mitre qui est une marque de fabrique.

Inscription sur la Marie-Anne :

FAITE AU MOIS D'AOUT 1803 R XI IE M'APPELLE MARIE-ANNE I'AI ETE BENITE PAR LE SR FRANCOIS PIERROT CURE DE FRAIZE ET DOMINIQUE PIERROT SON VICAIRE PARRAINS : JEAN BTE VINCENT FILS DE JOSEPH VINCENT CULTIVATEUR A CLAIREGOUTTE ET CLAUDE VOINQUEL MEMBRE DU CONSEIL A DEMENEMEIX MARRAINES : MARIE ANNE MASSON FILLE DE JEAN BTE MASSON CHIRURGIEN A LA COSTELLE ET MARIE ANNE GERARD FILLE DE FRANCOIS GERARD CULTIVATEUR AUX AULNES
DOMINE EXAUDI VOCEM MEAM

On trouve de plus sous forme d'ornements à l'Ouest : rien, au Nord une grande croix dont le pied élargi sert de marque au fondeur (avec l'inscription Joseph Thouvenot fondeur), à l'Est une Vierge à l'Enfant et au Sud un évêque avec crosse et mitre qui est une marque de fabrique.

Nota :

Les inscriptions et décors de la Marie et de la Marie-Anne sont extrêmement similaires. C'est normal puisqu'elles ont été fondues simultanément. Il en était de même pour la Blaise dont les parrains de 1803 étaient Joseph Gaudier membre du conseil à la Costelle et Jean Baptiste Grandjean cultivateur au Belrepaire, et les marraines Marie Anne Barthelemi (sic) épouse de Jean Baptiste Flayeux négociant et Catherine Vautrinot épouse de Jean Baptiste Salmon marchand toutes deux à la Costelle. La formule latine était identique à celle d'aujourd'hui. En revanche, on pouvait lire sur l'évasement : Liebaut Fondeur. Nous étions quatre nous avons été réduites à trois par l'incendie du 6 février 1782 la Révolution nous en a enlevé deux les bienfaiteurs ont rétablies toutes trois. François Petitdemange maire. Cde Nicolas Batremeix adjoint. Jean Nicolas Petitdemenge fabricien.


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Les vitraux :

Toutes les baies sont en plein cintre et mesurent un mètre cinquante de large. Celles de la nef, les moins hautes, ont trois mètres soixante-dix de haut, tandis que celles du chœur atteignent quatre mètres cinquante. Il y a en tout, hors des fenêtres hautes, cent onze mètres carrés de verrières. Les vitraux, qui sont composés de dix-huit ou vingt et un panneaux individuels, sont soutenus par deux barlotières (traverses métalliques) verticales, et cinq ou six horizontales selon la hauteur.

Un brin d'histoire :

Depuis l'origine, il n'y avait que de simples verrières de verre blanc pour éclairer l'église, essentiellement par les baies des bas-côtés de la nef. Le chœur n'en avait que deux, une de part et d'autre de la partie droite. L'abside, aveugle, était garnie d'un tableau (les saints Blaise, Antoine et Roch). Victor Lalevée rapporte que pendant la Révolution (nuit du vingt-cinq au vingt-six ventôse an trois - 15 à 16 mars 1795 -), « les vitres du temple de l'être suprême » furent grandement endommagées suite à de nombreux jets de pierres.

1883. La restauration de l'église 1893, a percé cing grandes baies dans le chœur (dont les trois de l'abside) et ajouté des fenêtres hautes au dessus du vaisseau principal. Il est probable qu'à cette occasion, toutes les ouvertures ont été garnies de verrières neutres comme celles qui nous restent dans les fenêtres hautes.

1902. Le curé Paradis a fait campagne pour obtenir le financement de beaux vitraux décorés qu'il obtient en 1902 pour le chœur. On n'en a pas, à ce jour, retrouvé d'image, mais on sait qu'ils étaient l'œuvre de M. Hucher, maître verrier du Mans - probablement Eugène, Atelier du Carmel -, en septembre 1902. On a toutefois la chance que le curé Petitjean, décrivant les nouveaux vitraux qu'il fait poser en 1923, indique qu'ils reprennent les mêmes scènes que les précédents, et qu'il les décrit succintement. Voir plus bas à la date de 1923.

1914. Hélas, le malheureux curé a la douleur de voir s'effondrer ses chères verrières en même temps que son presbytère part en fumée à cause des bombardements de Fraize en septembre.

1923. C'est son successeur, le curé Petitjean, qui va s'employer à remplacer les vitraux. Il écrit dans le Bulletin Paroissial de novembre 1922 «  Somme allouée à la commune pour les dégâts faits à l'église elle-même : 67.000 francs. Deux tiers de la somme ont été dépensés par les travaux les plus urgents : Fermeture provisoire de toutes les fenêtres, blanchissage de l'église à l'intérieur et à l'extérieur, réfection de la voûte du chœur, pose des grisailles dans la nef etc... Il reste à l'heure actuelle 22.413 francs pour les vitraux du chœur... Quelle somme est nécessaire pour faire au chœur des vitraux dont la valeur artistique égale celle des anciens ? (...) La dépense totale pour les sept fenêtres mesurant chacune dix mètres carrés étant évaluée à 50.000 francs, il nous faut trouver 28.000 francs. C'est beaucoup, je le reconnais, mais ce n'est pas trop si toutes les familles ri