Les célébrités honorées par « La Costelle »

Les seigneurs du ban de Fraize

Nos sources

N'étant pas historiens, nous nous sommes appuyés sur l'histoire du Ban de Fraize que proposent :

Tous quatre se sont référés notamment à Jean Ruyr (1560-1645), Recherches des sainctes antiquitez de la Vosge, Province de Lorraine (Ambroise Ambroise éditeur, Épinal, 1625) et à Dom Calmet (1672-1757), Histoire de Lorraine (A. Leseure Imprimeur, Nancy, 1748)

Précautionneux, Georges Flayeux débute par ces mots : Les quelques rares documents que l'on possède sont insuffisants pour percer l'obscurité de l'histoire, et nous apprendre rien de particulier ni de fixe, sur le ban de Fraize, depuis le XIe jusque vers la fin du XVIe siècle.

Rappelons pour les curieux que notre histoire couvre treize siècles, traversant le Moyen Âge (du VIIe à la fin du XVe siècle), puis les Temps Modernes (du XVIe à la fin du XVIIIe siècle), les Temps Révolutionnaires, et enfin le XIXe siècle ! Bon voyage.

Des débuts au XIe siècle

En 661, à l'époque mérovingienne, le roi d'Austrasie, Childéric II, avait fait don en toute propriété d'un domaine de 20 lieues environ (Ruyr) autour du monastère que Déodat venait de fonder à Jointures (future Saint-Dié). Il comprenait notamment les vallées de la Haute-Meurthe, de la Morte, de la Fave et de leurs affluents. Déodat le nomma Val de Galilée. Après une période paisible, l'abbaye de Jointures devenue (Saint-Dié) et son Val de Galilée tombèrent sous la dépendance de différents maîtres, appartenant successivement aux évêques de Toul à partir de 757, aux abbés de Saint-Denis à partir de 759, au comte Chaumontois à partir de 860, enfin en 967, elle revint à Gérard, évêque de Toul.

Lors du partage de l'empire de Charlemagne, au traité de Verdun en 843, le ban de Fraize fit partie de la Lotharingie et finalement de ce qui deviendrait un siècle plus tard avec Gérard d'Alsace en 1048, le duché de Lorraine. Vassaux des empereurs du Saint-Empire Romain Germanique, les ducs ne seront définitivement émancipés par Charles Quint qu'en 1552.

Vers 962, pour châtier les écarts à la vie monastique de ses moines, l'abbaye de Jointures fut sécularisée par l'empereur Otton 1er. Elle devint alors la collégiale d'un chapitre de chanoines dirigé, à partir du XIIe siécle, par un grand prévôt. Ce chapitre avait hérité des anciens privilèges d'immunité et l'exercice de la juridiction quasi épiscopale sur l'espace de l'ancien grand ban.

Tous ces changements géopolitiques se firent parfois aux dépens des populations qui, après avoir souffert des invasions — Burgondes, Alamans, Francs Saliens en 406, Huns en 451, Hongrois (hongres) en 917 —, eurent aussi à souffrir de terribles famines (740 ou 760 selon Ruyr), puis encore de 1022 à 1028 et aussi d'effroyables épidémies (peste).

Tous les habitants des villages étaient taillables et corvéables à merci, ils étaient la chose du seigneur, c'était le servage. À partir du début du XIIe siècle, l'affanchissement des villes et des individus intervint progressivement, sans qu'onsa che au juste pour le ban de Fraize, mais les libertés individuelles restaient très limitées (impossibilité de changer de seigneurie) et des coutumes comme les corvées ont subsisté jusqu'à la révolution.

Blason pour Fraize, inspiré de celui du chapitre,d'argent à la bande d'azur chargée de trois roses d'argent

Fraize donnait autrefois son nom (Fraxinus — le frène) à un ban considérable dont la Costelle était le chef-lieu, et duquel dépendaient le Belrepaire, les Aulnes, Clairegoutte, le Mazeville, Scarupt, le Ban-Saint-Dié, Plainfaing, Noiregoutte, Habaurupt et le Valtin. Comme on le voit, Plainfaing avec ses hameaux et le Valtin faisaient partie de la communauté de Fraize. Ce n'est qu'en 1689 que le Valtin et en 1783 Plainfaing, ayant été érigées en paroisses, formèrent des communautés distinctes de celle de Fraize.

Depuis le XIe siècle, le ban de Fraize appartenait en majeure partie au duc de Lorraine et, pour une faible part, au grand-prévôt de Saint-Dié : le chapitre y touchait deux rentes importantes d'environ 800 francs. En gros le duché était maître de toutes les rives gauches des vallées, on les appelait Ban-le-Duc (nom que portait le village de Ban-sur-Meurthe avant la révolution). Le chapitre lui était maître des rives droites, qu'on appelait Ban-Saint-Dié (un lieu ainsi nommé se trouve encore à Plainfaing). En 1222, le duc de Lorraine Mathieu II, pour s'attacher ses grands vassaux, leur céda en fiefs la plupart de ses domaines écartés, et trois grandes familles qui lui rendaient hommage, les Ribeaupierre, les Parroye et les Bayer de Bopart se partagèrent, suivant les périodes, le ban de Fraize (associé au ban de Taintrux). La communauté villageoise de Fraize avait à sa tête le mayeur qui avait des pouvoirs très étendus et dépendait pour le pouvoir civil (droit coutumier), militaire et judiciaire, de la prévôté de Saint-Dié (à ne pas confondre avec le grand prévôt du chapitre), elle-même faisant partie du baillage de Nancy.

Nota :Fraize n'a jamais été siège de seigneurie, et n'a donc jamais eu de blason. On rencontre ici ou là le blason du chapitre de Saint-Dié, comme par exemple sur le vitrail central du chœur de l'église où à la mairie, mais c'est sans réelle justification ! Pourquoi pas celui des Ribeaupierre, des de Parroye ou encore des Bayer de Bopart ? Encore moins n'avait de sens le farfelu blason avec bandeau de fraises qu'on a pu voir au début du XXe siècle ! En revanche, Fraize, qui a beaucoup souffert durant la Première Guerre Mondiale, peut s'enorgueillir d'avoir été décorée, le 22 octobre 1921, de la Croix de Guerre 1914-1918 qui peut être représentée sous le pseudo blason (cf. mairie de Fraize).

Les ducs de Lorraine et les chanoines du Chapitre de Saint-Dié

Blason de Lorraine,d'or, à la bande de gueules, chargée de trois alérions d'argent
Blason du Chapitre de Saint-Dié,d'or à la bande d'azur chargée de trois roses boutonnées du champ, à cinq pétales du champ et cinq pétales d'argent

Au XIe siècle, les ducs de Lorraine et les chanoines du chapitre de Saint-Dié avec qui ils vivaient en assez bonne intelligence, sont les maîtres de notre pays. Ainsi vers 1220, la seigneurie de Fraize appartenait au duc de Lorraine Mathieu II et au grand-prévôt de Saint-Dié. Mais la direction des chanoines y était plus directe et plus immédiate. Avec l'autorité spirituelle, ils y exerçaient la justice, y touchaient la dîme et certaines redevances qu'il est difficile de préciser pour cette époque. Nous savons seulement qu'ils y ont droit de corvée et de brennage (qui consistait à récolter du son ou lever une aide pour nourrir les chiens du seigneur), et que, en vertu de son autorité spirituelle, le grand Prévôt y perçoit une rente de 800 francs, fournie par le ban tout entier.

Les ducs de Lorraine, comme seigneurs-propriétaires d'une partie du Val de Galilée, tiraient aussi profit des bans du territoire, par exemple les bans de Fraize et d'Anould devaient, en plus d'autres servitudes, fournir chaque année les langes de la chambre à coucher de Madame la Duchesse quand elle résidait au château de Spitzemberg…

Les impôts (la dîme) une fois perçus dans la communauté, il convenait de les partager entre les différents décimateurs, ce qui n'allait pas toujours sans mal ni procès. La monnaie qui circulait au XIIe siècle était frappée à Saint-Dié par les chanoines du chapitre.

Une charte de 1221 relate la donation par laquelle le duc de Lorraine Mathieu II cède à Anselme de Ribeaupierre et à Simon de Parroye, la seigneurerie du ban de Fraize. C'est le plus ancien titre se rapportant directement au ban de Fraize [rapporté par Dom Calmet]. Dès lors, ce ban appartint conjointement à ces deux familles durant près de cinq siècles.

En 1315, le duc de Lorraine Ferry IV lègue à Aubert de Parroye, son écuyer, la seigneurerie de Taintrux où se trouvait un château. Le ban de Fraize fut dès lors rattaché à celui de Taintrux où siègeaient les premières instances d'administration et de justice.

En 1525, le Val de Galilée fut troublé par l'invasion des Rustauds. Arrivés jusqu'aux portes de Saint-Dié, ils en furent repoussés, grâce à l'énergie des chanoines qui appelèrent aux armes tous les habitants. Le duc de Lorraine Antoine Ier, à la tête des troupes vosgiennes, poursuivit les envahisseurs et les battit à côté de Saverne. Il rentra à Saint-Dié en triomphateur, passant par le col du Bonhomme et donc par la vallée de Fraize, escorté de tous les contingents vosgiens qui formaient son armée.

Les ducs de Lorraine resteront suzerains jusqu'à la cession de la Lorraine à la France (1766) et seront remplacés à ce titre pour peu d'années par les rois de France Louis XV puis Louis XVI.

Les Ribeaupierre jusque fin XVIIe siècle

Blason des Ribeaupierre,d'argent à trois écussons de gueule

Les comtes de Ribeaupierre étaient Seigneurs du val d'Orbey et de vastes domaines du côté lorrain des Vosges. Ils avaient fait de Ribeauvillé, centre de leurs possessions, une sorte de petite capitale.

Recevant l'investiture des empereurs du Saint-Empire Romain Germanique pour leurs possessions alsaciennes, mais devant l'hommage aux ducs pour leurs possessions lorraines (dont la seigneurie du ban de Fraize), les Ribeaupierre faisaient figure de petits souverains : ils battaient monnaie, levaient des troupes dans leurs états et participaient aux grandes expéditions féodales.

Une première famille de seigneurs de Ribeaupierre existait déjà du temps de Pépin le Bref. Elle s'éteignit en 1162. L'évêque de Bâle donna aussitôt la seigneurie vacante à Egenolphe d'Urslingen, ministériel de l'empereur Frédéric Barberousse, qui sera le fondateur de la seconde famille du nom de Ribeaupierre ou de Rappoltstein (en allemand). Ils étaient l'une des plus nobles familles d'Alsace.

La reconnaissance historique de cette famille ne remonte en fait qu'à Anselme, appelé aussi Anselme de Ribeaumont. Parmi les premiers croisés, il fut l'un des plus illustres compagnons de Godefroy de Bouillon. Il combattit sous Nicée, Antioche et Laodicée avant de mourir au siège d'Archas.

Conrad de Ribeaupierre combattit en terre sainte aussi et, nouveau David, il tua dans un combat singulier, au siège de Damas, en présence de toute l'armée, un Goliath musulman.

À Ribeauvillé, les Ribeaupierre avaient trois châteaux, dont les ruines ont toujours fière allure : le saint Ulrich, le Girsberg et le Haut-Ribeaupierre. Ils possédaient de vastes domaines en Alsace dont le val d'Orbey, et par exemple le château de Hohnach, entre Orbey et Turkheim. Fréquemment dans le ban de Fraize, on les désignait sous le nom de seigneurs de Hohnach, ou, par corruption du mot, de Hohenné.

Ils ont perçu à Fraize une redevance annuelle d'une charretée de vin jusqu'en 1324, quand ils la revendirent à la famille de Parroye.

En 1343, la partie de la seigneurie de Fraize leur appartenant n'avait plus qu'une faible importance. Elle fait retour au duché de Lorraine quand Henri de Ribeaupierre céda au duc Raoul, pour en jouir après son décès, tout ce qu'il avait au ban de Fraize, en reconnaissance, dit-il, des bienfaits qu'il en avait reçus ; en réalité en contre-partie des méfaits et ravages que son fils Jean et Henri de Ribeaupierre avaient fait subir au Val de Galilée.

À partir de cette date le ban de Fraize cesse donc d'appartenir aux Ribeaupierre, mais au XVe siècle, on les retrouve de nouveau [par quel biais ?] en possession du ban de Fraize et aussi de Saulcy.

Mêlé aux grands événements historiques du temps, le nom de Ribeaupierre est célèbre par toute l'Europe. Brunon de Ribeaupierre bataille aux côtés du roi de France pendant la Guerre de Cent Ans. L'un de ses trois fils, Guillaume, occupe des charges importantes à la cour de l'empereur du Saint-Empire Romain Germanique. Le second, Maximim, chambellan de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, participe avec ce dernier à la conquête de la Lorraine qui devait se terminer par la défaite et le trépas du Téméraire devant Nancy (1477). Par contre, Ulrich de Ribeaupierre, resté fidèle aux Lorrains amène des troupes au duc René d'Anjou qu'il soutient dans sa lutte contre Antoine de Vaudémont. Il trouve la mort à la bataille de Bulgnéville qui vit la défaite de René d'Anjou.

La lignée s'éteint en 1673 lors de la disparition sans postérité mâle du comte Jean-Jacques de Ribeaupierre, et ses héritiers cèdent leurs parts du ban de Fraize (ruiné par la Guerre de Trente Ans) au sire de Créhange, descendant des Parroye. Pour plus de détails, voir dans Mémoires de la Société d'Archéologie Lorraine et du Musée …, Volume 23, la généalogie des Ribeaupierre.

C'est sous la domination de ces sires de Ribeaupierre que fut construite la première église paroissiale de Fraize sous le vocable de Saint-Blaise. Leurs armoiries étaient gravées sur la clef de voûte du chœur. On voit encore celles-ci au milieu du manteau de grès d'une cheminée provenant d'une maison du XIIe siècle leur ayant appartenu et où résidaient probablement leurs intendants. Cette maison avec plafonds à caissons, que Victor Lalevée nomme Manoir des Ribeaupierre, fut hélas démolie en 1980 et ladite cheminée, heureusement sauvegardée, orne de nos jours le hall de la mairie de Fraize.

Aucun des Ribeaupierre n'a jamais vécu à Fraize, mais, dit Victor Lalevée, il semble que par une administration assez douce pour le temps, les Ribeaupierre aient laissé de bons souvenirs au ban de Fraize.

Les de Parroye jusque fin XVIe siècle

Blason des de Parroye,de gueule à trois lions d'or, deux et un, à la bordure engrelée d’azur.

La famille de Parroye est une des plus anciennes et des plus illustres de la Lorraine . Elle tirait son nom du village de Parroy au nord-est de Lunéville où se trouvait leur chateau détruit en 1635, durant la Guerre de Trente Ans, par ordre de Louis XIII.

La plus ancienne mention que nous connaissions sur ces seigneurs, date de 1147. C'est un engagement de 12 ans [emprunt] au chapitre de Saint-Dié, par Simon de Parroye, partant pour la deuxième croisade…

En 1291, un [autre] Simon de Parroye est chanoine-chantre de l'église de Saint-Dié.

Au XIIIe siècle, les seigneurs de Parroye possédèrent, pendant un temps le château de Spizemberg et la sous-vouerie de Saint-Dié.

Au XIVe siècle, on trouve encore parmi les dignitaires du chapitre de Saint-Dié, plusieurs membres de la famille de Parroye. Trois portaient le nom de Burnequin, un autre celui de Jean.

C'est en 1315 qu'Aubert de Parroye, écuyer de Ferri IV, hérite de ce duc, et devient seigneur de Taintrux et de Fraize.

À partir de cette époque, le ban de Fraize est toujours rattaché à celui de Taintrux. Dans presque tous les actes des archives les concernant, ces deux noms sont inséparables et jusqu'à la révolution, ils eurent constamment les mêmes maîtres.

Taintrux fut, pour ainsi dire, le chef-lieu des possessions des seigneurs de Parroye dans le Val de Galilée. Au XIIe siècle, un château-fort construit par le duc de Lorraine, ou peut-être par des seigneurs de Parroye, existait déjà à Taintrux.

Simon de Parroye s'accorda avec Ancel (ou Ancelme) de Ribeaupierre pour prendre en commun les redevances qu'ils versaient annuellement au duc. Puis Albert de Parroy racheta en 1324 aux Ribeaupierre la charretée de vin que les vignerons de Fraize lui devaient.

Au XVIe siècle, la part de souveraineté revenant aux comtes de Parroye passe par le mariage de Marie de Parroye à la famille Bayer de Boppart, plus connue dans le pays sous le nom de Château-Brehain (où ils résidaient usuellement).

L'une des plus vieilles maisons de Fraize, appelée "la Cour", porte d'après Victor Lalevée, la date de 1576. Elle servait de lieu d'enregistrement à leurs officiers et intendants qui venaient y percevoir les taxes et impôts.

Pas plus que des Ribeaupierre, aucun des de Parroye n'a jamais vécu à Fraize.

Les Bayer de Boppart de la fin du XIVe à la fin du XVIe

Blason des Bayer de Bopart,d'argent à un lion de sable, armé, lampassé et couronné d'or..

Comme les Parroye et les Ribeaupierre, les seigneurs Bayer de Boppart tenaient leurs titres de noblesse des empereurs du Saint-Empire Romain Germanique. Plusieurs membres ont joué un rôle très important dans l'histoire de Lorraine.

Un des plus anciens et des plus connus est Thierry Bayer de Boppart : d'abord évêque de Vorms, il devient évêque de Metz où il meurt en 1321.

Ces seigneurs ne sont véritablement bien connus qu'à partir du XVe siècle où l'on voit Henri Bayer, conseiller du duc Charles II, accompagner son maître à Aix-la Chapelle et assister au couronnement de l'empereur (G. Flayeux).

Conrad Bayer de Boppart, probablement frère de Henri, fut celui qui devint, par son mariage avec Marie de Parroye, seigneur de Taintrux et de Fraize en 1523.

Ses fils sont mêlés à tous les événements qui se déroulent en Lorraine dans la première partie du XVe siècle. Le premier, Conrad Bayer de Boppart, fut évêque de Metz de 1415 à 1454. Contre lui se révoltent les habitants d'Épinal en 1420.

Prenant parti pour René d'Anjou contre Antoine de Vaudémont, il amena au duc de Lorraine un renfort de 200 cavaliers, et avec son frère Thierry, participa à cette funeste bataille de Bulgnéville, où l'armée Lorraine fut taillée en pièces. Alors qu'Ulrich de Ribeaupierre y était tué, il y est fait prisonnier, ainsi que son frère et le duc René. On sait que ce dernier récompensa bien mal les services de l'évêque de Metz. En 1440, il le fit arrêter par ruse et enfermer. Après une captivité de 2 mois, Conrard de Boppart ne fut remis en liberté qu'après avoir signé un traité fort désavantageux pour lui, que d'ailleurs il se garda bien par la suite d'exécuter.

C'est à ce même Conrad de Boppart qu'on doit la construction du puissant château de Moyen [au sud de Lunéville], et aussi l'établissement d'un couvent de Carmes à Baccarat en 1441. La ville de Baccarat avait été fondée par son frère Thierry en 1431. Ainsi s'expliquerait que les religieux de Baccarat aient obtenu le droit de quête sur le ban de Fraize…

La résidence habituelle de la famille Bayer de Boppart était Château-Brehain. Aussi les désignait-on souvent dans le ban de Fraize sous le titre de seigneurs de Château-Brehain.

Vers la fin du XVIe siècle, Antoinette Bayer de Boppart épouse le comte de Créhanges qui devient copropriétaire du ban de Fraize.

À partir de la fin du XVIe siècle

Blason des Créhange,Écartelé: aux 1er et 4e d'argent à la fasce de gueules, aux 2e et 3e de gueules à la croix ancrée d'or.

Lors de la création de nouveau Diocèse de Saint-Dié en 1777, celui-ci se vit attribuer les domaines de l'ancien chapitre collégial (qui devint cathédral) ainsi que ceux de grandes abbayes (Étival, Senones, Moyenmoutier) et quelques territoires pris sur l'important diocèse de Toul.

Le duché de Lorraine, sans parler du Barrois, avait connu une histoire compliquée, différentes familles s'étaient succédées à sa tête — Maison d'Alsace de 1417 à 1431, Maison d'Anjou-Lorraine de 1431 à 1473, Maison de Lorraine-Vaudémont de 1473 à 1737, Duc Nominal Stanislas Leszczynski de 1737 à 1766. Il avait connu bien des vicissitudes et des guerres, notamment la Guerre de Trente Ans de 1618 à 1648 qui le ruine entièrement. Le traité de Ryswick (1697) qui solde la guerre entre la France et la Ligue d'Augsbourg, restitue le duché (précédemment confisqué depuis 1670 par la France), à Léopold Ier. Dès 1702, celui-ci s'installa à Lunéville, où il fit construire le Château. Bien que très dépensier, il fut très aimé de son peuple jusqu'à sa mort en 1729. L'économie continua à prospérer sous son héritier François III, excitant la convoitise de la France. En 1735, François III épousa Marie-Thérèse d'Autriche, héritière des Habsbourg. Il va devenir empereur d'Autriche sous le nom de François Ier de Habsbourg-Lorraine, et abandonne la Lorraine à la France, en 1737 en échange de la Toscane (dont il devient le Grand Duc François II). Afin de ménager le patriotisme lorrain, Louis XV donna le duché en viager à son beau-père, Stanislas Leszczynski (1677-1766), ex-roi de Pologne. Après un règne tranquille de 29 ans, il décèda à Lunéville ou il a résidé, et la Lorraine devint alors définitivement province Française. À cette occasion, la noblesse conserva ses titres et propriétés.

On a vu les Ribeaupierre disparaître en 1693, tandis que les Parroye furent successivement remplacés par :


Depuis la Révolution

La partie du ban de Fraize qui appartenait au Chapitre, puis, après création de celui-ci en 1777, au Diocèse, fut vendue comme bien national, ainsi naturellement que les biens paroissiaux de la vallée.

À part certaines parcelles qui avaient, par-ci par-là au cours des siècles, été vendues à de petits particuliers, les propriétés de l'ex-seigneurie (Taintrux - Fraize) appartenaient en indivision aux quatre nièces de madame de Clinchamp, décédée en 1799. Il y avait :

La Révolution les avaient déchues de leurs titres de noblesse, mais pas de leurs propriétés.

En 1862, l'un des héritiers, Charles Nicolas Antoine Collinet de la Salle lègue par testament tous ses biens aux Hospices civils et à la Maison des Orphelins de Nancy. Il s'ensuivit un partage de l'indivision — forêts, maisons, scieries, terrains — en trois lots de valeurs sensiblement égales par exécution d'un jugement du tribunal de Saint-Dié du 14 aout 1863. Victor Lalevée (dans Au Pays des Marcaires, R. Fleurent, Fraize, 1950) les décrit ainsi :

  1. 1106 hectares dans les forêts de Taintrux et Laveline aux familles Fouilhouse et d’Ollone.
  2. 1595 hectares sur les communes de Plainfaing, Le Valtin, avec les chaumes de la Reichberg, Gazon de Faing, Gazon de Feste Gazon Martin, aux Hospices civils de Nancy.
  3. 1776 hectares, communes du Valtin et Plainfaing, avec les chaumes de Béliure, Tanet, Vieux Montabey, Montabey et le col de la Schlucht, à M. Gustave Charles Sigisbert de Bazelaire de Lesseux (1813-1883).

Curieusement, Fraize n'est cité dans aucun lot ?

Quelles traces nous ont-ils laissées ?

Très peu de choses à Fraize :

Maison « la Cour » au carrefour de Clairegoutte.
			La plus vielle maison de Fraize date de 1576. Elle appartenait
			aux sires de Taintrux qui y logeaient leurs Intendants.
			, Rue Eugène Mathis.
Image : images/mairie/cheminee_et_porte_250.jpg inconnue !
Maison appelée « château sauvage ».
			Elle se trouve à l'emplacement de l'ancien château de Pierosel (dont on ne sait rien de l'aspect).
			François-Ernest de Cogney y a résidé avant 1729.
			22, Rue du Docteur Durand.

 

 

Rédigé par La Costelle, novembre 2018
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© La Costelle. Dernière mise à jour le 19/11/2018 à 16:18 
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